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| Alors champion ! Je peux t’appeler nono ? | | « Eh bien oui, tu peux, il n’y a pas de souci, il n’y a pas de souci.» | | Depuis très petit, ta grande famille a senti en toi une graine de champion ! Avec du recul qu’en penses-tu ? | « Je pense que oui, depuis que je suis petit, ma famille a senti que j’avais des qualités et des facilités dans le domaine sportif en général. Et comme tous les petits essaient toujours de ressembler à leurs grands frères, c’est donc la boxe que j’ai choisie comme discipline.
Aujourd’hui, je viens de réaliser un de mes objectifs qui était de me qualifier aux Jeux Olympiques, ma famille est fière de moi et j’en suis honoré. »
| Dans l’objectif de participer aux Jeux Olympiques 2008, en 2004 tu as proposé ta candidature en équipe de France. Aujourd’hui quand on analyse ton parcours, tu as non seulement fait le plein de combats et de médailles mais tu as récemment obtenu ton BAC électrotechnique et un diplôme d’état. A ce niveau de la compétition, comment arrives-tu à concilier les études et la boxe ? | « Pour moi, les études et le sport sont deux choses qui se regroupent, ils assurent le bien- être de l’athlète! Il faut savoir qu’à l’INSEP après l’entraînement on a du temps libre et personnellement j’ai besoin d’avoir plusieurs activités pour m’occuper et pour me changer les idées. Cela me permet d’avoir d’autres objectifs et d’assurer ma carrière aussi bien sportivement que professionnellement.
Pour ma part, les études sont une des activités qui m’aident à bien me sentir sur un ring. »
| Revenons à l’ordre du jour ! Comment s’est passée ta préparation pour les Championnats du Monde qui se sont déroulés à Chicago ? | « Pour arriver à l’échéance au top, il faut savoir qu’une préparation se prépare longtemps avant. Nous avons commencé notre début de préparation au mois de Juillet. Nous avons tout d’abord effectué une semaine de stage à l’INSEP où nous n’avons fait que des tests physiques, Cooper, musculation, PMA, abdominaux, pompes, lombaires, biceps, triceps,…
Un des tests physiques que je n'oublierai pas est la PMA, cet acronyme veut dire Puissance Maximale Aérobie, il vise à améliorer l'endurance maximale. La cible est de courir pendant une demi-heure à une allure qui correspond à 80% de ses capacités aérobies réalisées lors des tests physiques antécédents.
L’objectif de cette première étape était de nous pousser à bout, au maximum de nos limites, pour déterminer notre seuil au départ de notre préparation.
Ensuite, nous avons pris l’avion en direction de Chypre. Pendant deux semaines, nous faisions trois entraînements par jour : Le matin : Footing, musculation, shadow Fin matinée : Musculation explosive L’après midi : Nous travaillions l’opposition L’objectif du stage était de travailler essentiellement le foncier, tout en faisant quelquefois des mises de gants pour ne pas oublier que nous sommes boxeurs, qu’il y a de l’opposition et surtout pour ne pas perdre le rythme.
Honnêtement, à Chypre les conditions climatiques et les entraînements physiques étaient très très durs.
Ensuite, nous sommes revenus une semaine en France, où chacun s’est entretenu individuellement. Puis nous sommes partis en Corrèze au centre d’entraînement de Bugeat. Comme nous avions une préparation physique irréprochable, nous avons pu mieux travailler l’aspect technico-tactique au sac, à la leçon et à la mise de gants avec les athlètes présents au centre : les Bulgares, les Roumains et les Allemands.
Ensuite, nous sommes repartis une semaine chez nous, avant de disputer des tests match en Allemagne. Le but de ces tests match était de nous situer sur notre forme physique. Et, c’est là que j’ai eu ma baisse de régime, physiquement je n’étais pas bien, j’ai eu un coup de fatigue et bien que j’aie gagné mes matchs c’était extrêmement serré. Ensuite durant trois jours, épuisé je n’ai fait que dormir. Trois jours plus tard, nous avons pris l’avion en direction de la Roumanie pour faire une semaine de stage et pour disputer le Tournoi de la Ceinture d’Or. L’objectif de ce stage était de faire un rappel sur la préparation physique, technique et tactique. Arrivé à la compétition, le premier combat je l’aborde plus ou moins sereinement. Bien qu’une semaine avant j’avais fait un test match dont je n’étais pas content, je savais que physiquement j’allais revenir et que j’allais récupérer. Premier combat je boxe face à un américain, je gagne. Cela me permet de rentrer directement en compétition, deuxième combat je boxe un Roumain, je gagne. Là, mentalement, j’étais encore mieux, je boxe face à un Anglais, je gagne. En finale je boxe le vice champion du Monde 2006, le combat se passe très bien, je mérite de gagner mais on me met perdant de deux touches. Mais là, j’ai réalisé que j’avais progressé, j’ai enchaîné quatre combats et physiquement j’étais de mieux en mieux. Physiquement et techniquement, j’étais opérationnel, malgré une défaite en finale qui était discutable, mes entraîneurs étaient contents de moi.
De toute façon, notre objectif commun, c’était les Championnats du Monde car ils étaient qualificatifs pour les Jeux Olympiques de Pékin 2008.
Ensuite, nous sommes revenus en France pour prendre un peu de repos, j’en ai profité pour passer le dernier module qui manquait à mon BAC Electrotechnique. Ensuite, nous sommes partis une semaine en stage à Fontainebleau pour croiser les gants avec les Boxeurs Irlandais. Ensuite, nous sommes revenus une semaine à l’INSEP. Deux semaines avant les Championnats du Monde, nous prenions l’avion pour Porto Rico et là, nous sentions que c’était la dernière ligne droite. Il fallait gérer le poids, le stress, profiter de ces derniers moments pour refaire le plein physiquement et techniquement. Arrivé à Chicago, les dés étaient jetés, chacun savait ce qu’il avait à faire. La veille de la pesée officielle, pour maintenir le poids et pour faire descendre la pression, nous avons fait un petit entraînement de décrassage : un footing, un peu de leçon, un peu de corde.
Et à partir du moment où nous avions fait notre première pesée et reçu le tirage au sort, la compétition était vraiment lancée… la compétition était vraiment lancée… » | Une semaine avant les Championnats du Monde, ton grand frère Ali boxa son premier combat aux Etats-Unis à New York. Comment te sentais-tu ? | « Et bien moi j’étais encore à Porto Rico, je lui ai envoyé un message pour l’encourager et pour lui dire, que, tu sais, ce que tu as à faire qu’il fallait rien lâcher. De toute façon moi je ne m’inquiétais pas, parce je sais que du point de vue de la préparation il est sérieux et il sait ce qu’il veut. Mais comme tous les sports il y a un gagnant et un perdant, et moi dans mon état d’esprit, je préfère que ce soit mon frère qui gagne et non l’inverse. Et puis bon, j’avais quand même une petite pression car c’était son premier combat aux Etats-Unis et c’était un gros objectif pour lui.
Le fait qu’il ait gagné, inconsciemment cela m’a motivé et je me suis dit, toi aussi il faut que tu gagnes, il faut que tu ramènes ta qualification pour les JO. Finalement avant d’aller aux Championnats du Monde, j’avais vraiment tout pour être bien mentalement. J’étais content pour mon frère Ali, moi je venais d’obtenir mon BAC et de plus j’avais obtenu mon brevet d’Etat. Mais bon, comme on dit, il faut être présent le jour J. Avant d’y aller j’étais bien dans ma tête, après de toute façon, j’avais rien à perdre, moi dans l’histoire je suis jeune. Je savais que j’avais le potentiel pour me qualifier. Parce que j’ai rencontré différents boxeurs : J’ai battu le n° 1 cubain, j’ai battu le biélorusse et je n’ai pas été ridicule lors du test match avec le Champion d’Europe en titre. Voilà je suis parti aux Championnats du Monde sans me poser trop de questions, sans me mettre la pression. Après il faut que je sois bon le jour J et il y a aussi le facteur chance car nous sommes soumis à un jugement humain. » | A l’ouverture de la cérémonie des Championnats du Monde, comment l’équipe de France de Boxe a-t-elle été accueillie ? | « Moi personnellement, j’ai bien aimé l’organisation américaine, ils ont accueilli correctement toutes les Nations. J’ai bien apprécié le déroulement de la compétition, ils ont tout fait pour que l’on se sente bien. »
| Quelle fut ta réaction quand tu as constaté que ton frère Ali était arrivé par surprise pour t’encourager ? |
« Cela m’a fait plaisir, car cela faisait presque six mois que je ne l’avais pas vu. J’étais content car il venait de gagner son combat. J’étais content qu’il soit venu m’encourager. Vous vous imaginez qu’au début les Championnats du Monde devaient se dérouler en Russie et finalement ils se sont déroulés aux Etats-Unis, juste au moment où mon frère Ali y était présent.
C’était peut être un signe du destin! »
| Avec un membre de la famille présent à tes côtés, tu t’es certainement senti emporté, je présume ? |
« Oui, c’est sûr, que savoir que sa famille est dernière soi ça nous donne des ailes. Ali était tout le temps avec moi et il me motivait. A la sortie de chaque compétition, il m’accompagnait à ma chambre, il m’aidait à m’étirer et il m’aidait à maintenir le poids.
Je pense sincèrement que c’est un petit plus qui a fait la différence. »
| Comment as-tu vécu, le début de la compétition de l’équipe de France et l’attente de ton premier combat ? | « Et bien au départ c’était très dur, je me suis pesé le mardi et je n’ai boxé que le dimanche ! C’était long de maintenir le poids sans boxer ! Mais le plus difficile, c’est quand on voit nos collègues se faire éliminer et on ne peut rien faire, car c’est un sport individuel.
Mais au fur et à mesure de la compétition, quand j’ai commencé à voir des collègues gagnés cela a commencé à redonner du moral au groupe.»
| Après ta victoire en 8ième de finale, as-tu tout de suite réalisé ? |
« Je me suis dit l’objectif principal est atteint, je suis qualifié pour les JO, mais maintenant il faut que j’aille chercher la médaille. Je savais qu’en France dans ma catégorie de moins de 48 Kg, qu’il n’y avait pas eu beaucoup de boxeurs médaillés aux Championnats du Monde.
Et mon nouvel objectif était de marquer l’histoire de la boxe en France en lui apportant une nouvelle médaille. »
| A cette étape de la compétition, comment as-tu ressenti le soutien des dirigeants et celui de tes collègues ? | « Cela faisait du bien, d’avoir du monde derrière soi, mes collègues me motivaient et mes entraîneurs me soutenaient. Cela m’a également fait plaisir de voir qu’il y avait aussi du monde en dehors du milieu du Championnat du Monde, à chaque fois que je gagnais, je recevais des messages de soutien de mes supporters et de ma famille. Quand j’ai obtenu la qualification toute la famille était contente pour moi et quand j’ai eu la médaille c’était le summum.
Mais c’est vraiment une expérience que je garderai dans ma tête et rien que d’en parler cela me donne des frissons.» | Bien que tu te sois incliné en demi-finale contre le tenant du titre, as-tu le sentiment du devoir accompli ? |
« Moi, personnellement oui ! Depuis le moment où je me suis qualifié j’ai accompli mon devoir. Personnellement quand je suis parti aux Championnats du Monde, c’était pour obtenir mon ticket pour les JO et après c’était que du bonus. Mais il est vrai, que dès lors où j’ai obtenu ma qualification pour les JO et que j’étais au moins médaillé de bronze je n’ai plus eu la même motivation. Cependant avec le tenant du titre, j’ai fait mon combat, mais c’est un boxeur qui est chiant à boxer, il accroche et il est bourré d’expérience. Je ne l’ai jamais vu boxer et sa boxe m’a surpris. Après c’est sûr, si j’avais pu ramener l’or je l’aurais ramenée mais je me suis arrêté au bronze et je trouve que c’est très satisfaisant.
Et puis maintenant je vais m’entraîner pour le battre et ce qu’il faut savoir, c’est que d’un combat à un autre tout change. Maintenant je sais comment le boxer, lui aussi sait qui je suis et le jour où l’on viendra à se rencontrer à nouveau et bien que le meilleur gagne. Mais pour les Jeux on va travailler pour que notre prochaine rencontre se passe autrement. Néanmoins, je ne vais pas me fixer que sur lui, car il n’y a pas que lui, on va se préparer pour lui et pour les autres. » | Comment as-tu vécu la remise des médailles ? |
« En fait, c’est là que l’on réalise vraiment que l’on est médaillé. Après la remise des médailles, il y a toutes les presses internationales qui arrivent et qui nous interviewent. Cela m’a fait rappeler les grands combats télévisés où il y avait toute cette foule autours des boxeurs.
Devant cette marée humaine, c’est là, que l’on réalise vraiment que ce n’est pas un rêve qu’on est vraiment médaillé et qu’on est qualifié pour les Jeux Olympiques. Cela a été un grand moment pour moi, un sentiment de fierté et une émotion intense lors du passage de la marseillaise.
La cerise sur le gâteau a été de partager ma gloire et ma médaille avec mon frère Ali. » | De retour en France, quels furent tes ressentis après avoir lu les différents encouragements postés sur ton site? | «Aujourd’hui, il y a plusieurs personnes qui m’interpellent aussi bien dans la rue qu’à l’INSEP pour me féliciter et pour m’encourager. J’ai reçu et je continue à recevoir des messages de soutiens à travers mon site. J’ai été surpris du nombres de personnes qui m’ont suivies et qui étaient heureux pour ma médaille et pour ma qualification aux Jeux Olympiques.
Ca fait plaisir de savoir qu’il y a plusieurs personnes qui nous soutiennent : * Cela nous motive à faire quelque chose et nous donne envie de représenter ce sport qui est la boxe. * Cela nous motive à défendre les couleurs françaises et ses valeurs à travers d’autres nations * Cela nous motive à représenter l’image du nom Oubaali et de ma famille. C’est merveilleux, juste avec un sport, on fait rêver, on fait changer les choses, on fait changer des mentalités. Tous ça me donne envie d’aller plus loin et de confirmer ma médaille du Championnat du Monde aux Jeux Olympiques. » | Aujourd’hui tu es médaillé de Bronze aux Championnats du Monde 2007 et qualifié pour les Jeux Olympiques de Pékin 2008. Peux-tu nous informer sur tes prochains objectifs ? | «Malheureusement après les Championnats du Monde j’ai été blessé au pouce, je n’ai donc pas pu disputer le combat international France - Corée qui s’est déroulé à Calais.
J’ai participé au combat international France - Porto Rico, mais ma victoire a été tâchée par une blessure.
Si tout va bien, je devrais disputer la finale du Championnat de France le vendredi 11 Avril à Nice. Ensuite, je devrais faire un combat international avant de commencer la préparation pour les Jeux Olympiques.» | By the Oubaali’s family |
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